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3 septembre 2008

Une brique et un fanal


Dehors sous le soleil, deux images frappantes me viennent à l'esprit: la brique, synonyme de poids et d'ordre; le fanal, symbole de lumière et de mouvement.

Historiquement , le sens de brique joue avec plusieurs expressions: thick as a brick (bête et épais); la célèbre brique et son fanal (attente intempestive); moucher avec une brique (risquerait d'éteindre la chandelle); Couler une brique pour attirer le jade (résultat inattendu). Outre les trois petits cochons, la brique n'a pas nécessairement bonne presse. Pourtant, j'aime bien; j'avais monté, dans mon premier appartement, une bibliothèque en briques. Un ami aussi suivit cette mode; à son grand dam, elle lui est tombée en pleine nuit dans un fracas d'enfer. Mieux vaut se buter sur une brique (difficulté inattendue) que la recevoir sur la tête (Malheur!) Pauvre other brick in the wall! Faut pas s'en faire... Une brique est une brique est une brique... École après école, du mur à mur souvent jaune diarrhée; boîte à vieux, rouge sang; boîte à banlieue, gris sombre.

Bon. Oui! Vaut mieux le fanal pour l'aventure. Maigre comme lui ou allumé comme l'autre. Coleman sous pression sous la tente sous la pluie. Lumière, oh! Lumière! Je siffle ma fragilité. Pour la balade de crotin sur la Place du Marché, paclop... paclop... allez hue la grise, je balote mais jamais ne m'éteint! Il n'atteindra jamais la direction; quand même, pas un phare le fanal. Au moins, on me voit de tous les angles tout le temps: pas de temps en temps en coup de vent. Lui, il 'éclaire partout et donc nulle part; moi, je sonde, avec moins de portée, mais plus de fiabilité. Parfois le goût de s'aventurer dans l'escalier de la tour est trop fort. La tête en l'air, le souffle un peu plus court, monte, monte, hummm! encore un peu. Oups! le porteur t'a laissé sur la marche. Il est monté seul le chien! Que l'écho... Il va te reprendre en descendant pour que tu continues à éclairer en bas... avec la cloche à vache...

Le temps de rentrer arrive. La fin de la pause. La brique et le fanal reprennent le chemin. Au p'tit trot, tout le monde reprend le collier pour encore quelques heures. La cariole rentre au bercail du cheminement. Ne cherche-t-on pas que ce qui est ailleurs; que ce qu'on n'a pas encore trouvé? La brique soutiendra; dans sa bêtise, on trouve la sagesse quelque part. La nécessité d'être là et pas ailleurs. La pertinence de l'ancrage, du connu, de l'origine du parcours. Fil d'Ariane... Et la lumière qui pointe vers l'insondable, elle amène vers le danger, l'inconnu apprivoisable. Vers l'Odyssée!

Allez hue!

1 novembre 2007

Les polémiques

J'ergote, tu t'obstines, il argue, nous boquons, vous débattez, ils s'enlisent.... La conjugaison du magazine littéraire de ce mois-ci.

D’entrée de jeu, Jean-Louis Hue signale dans l’avant-propos : « On jous reprochera peut-être de rapporter des chamailleries parfois dignes d’une cour de récréation. « Les polémistes me dégoûtent », disait Bernanos, se repentant des éreintements dont il accabla tant sse ses contemporains. La polémique, quand elle relève de la manie, esst vaine, voire dégradante. Mais elle sait être salutiare queand elle surgit avec à-propos pour aviver le débat, Elle s’apparente a;ors à une joute où il s’agir moins de terrasser l’adversaire que d’enrichir une réflexion commune. »

Je connais plein de philosophes, certains ont même un diplôme à l’appui de leurs longues arrangues. Ils sont habituellement fort gentils. J’en comprends certains, j’en écoute d’autres, mais je les respecte tous, car ils correspondent à cette recherche d’une vérité. Je préfère Chomsky; c’est un linguiste; je préfère le verbe au sillogisme. Mais comme j’aime bien me quereller et m’entendre parler, je joue le jeu à fond. « Une bouche qui se permet de parler ainsi ne mériterait-elle pas d’être fermée à cous de bâton plutôt que réduite au silence par une réfutation en règle? » (Bernard de Clairvaux au sujet d’Abélard, le premier professeur à forniquer officiellement avec sa pucelle d’élève). Quel verbe dans le phrase; quel tissage de sens qui miroite comme un prisme mille interprétations. La logique rejoint le mot.

Aujourd’hui, nous sussurons nos mots faute d’en utiliser, d’en connaître un nombre suffisant : « réduction des pratiques discursives aux traces textuelles; élison des événements qui s’y prduisent pour ne retenir que des marques pour une lecture; inventions de voix derrière les textes pour n’avoir pas à annalyser le modes d’implication du sujet dans les discours » Les mots et les mouches… partout! Foucault détruit Derrida en infirmant son texte. Que dire quand on raconte tout. La réalité ne peut toujours se photographier; faut bien le peindre quelque fois! Mais là, il faut des instruments : du temps, des brosses et des spatules, du canevas et du bois, des tubes et une palettes… de l’intelligence, de l’imagination, de l’honnêteté et de l’éthique.

Zarathoustra dit : « L’homme de la connaissance doit non seulement savoir aimer ses ennemis, mais aussi haïr ses amis, C’est mal récompenser un maître que de rester toujours son diciple. » Vive l’argent et les cotes, nous les aimons et les respections au-delà de nos pères. Le sur-homme est né, il est dans mon journal du matin!

Lisez donc octobre 2007, no 468, du Magazine Littéraire juste pour avoir raison lors de votre prochaine conversation avec un philosophe. Qui sait…!