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J'écoutais hier un forum de jeunes adultes québécois qui parlaient de l'héritage de la Révolutionn tranquille; ils s'accordaient tous pour souhaiter un personnage charismatique comme le président américain pour leur redonner le goût de la politique. Le charisme... Jeu dangereux parfois. Une émission des archives de Radio-Canada sur Daniel Jonhson, le défunt premier ministre du Québec, notait qu'il représentait une anomalie dans la politique québécoise dans la mesure où il manquait tellement de ce charisme cher aux électeurs de la province. Une fois au pouvoir, tout le monde, les médias et les membres de la colline parlementaire, voire certains de ses propres ministres, le repoussaient dans le fond du garde-robe. Son fils Pierre-Marc, ex-premier-ministre lui-même, confiait à un journaliste que sa première réaction en apprenant la mort de son père avait été de dire :« «Bon, ils ont réussi à l'avoir ».
Les personnes qui manquent de charisme ne l'ont pas facile. Ceux qui en ont pourtant nous font courir des risques énormes. Ces personnes qui captent notre attention, qui deviennent rapidement nos héros, nos modèles, nos sauveurs, paralysent notre volonté. Leur pouvoir est énorme. Ou comme plusieurs politicologues le remarquent, les personnes derrière eux, ceux qui actionnent les vraies ficelles du pouvoir, manipulent notre héros qui devient dès lors un porteur de messages à la Crésus. Il ne suffit pas de chercher une personne sans saveur, il s'agit simplement de faire preuve de prudence. Nous devons scruter la réalité. Nous aimons à aimer, à croire, à suivre; l'absence actuelle de ce type de politicien dans les panoramas québécois et canadien doit nous rendre prudent. Le futur doit respecter les volontés, pas les camoufler sous la séduction.
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